Le 6 mars 1974, un Premier ministre passe à la télévision et annonce que la France va devenir nucléaire. Pas un peu. Entièrement.
Quinze ans plus tard, le pays tire les trois quarts de son électricité de réacteurs qu'il a conçus, construits et exploités lui-même. Aucune autre nation n'a jamais décarboné son réseau aussi vite. On raconte comment c'est arrivé : la décision, la cadence industrielle folle, l'ingénierie. Et la vraie question qui fâche : serait-on encore capable d'un geste pareil aujourd'hui ?
Pic de mise en service en 1985 (8 réacteurs raccordés). + 7 réacteurs supplémentaires entre 1991 et 2000. Ordres de grandeur illustratifs, d'après les données de raccordement EDF / IAEA PRIS. Données brutes téléchargeables ci-dessous.
Lire un parc énergétique. Ne regardez jamais la capacité installée seule : c'est le facteur de charge qui dit ce qui produit vraiment. Le nucléaire tourne ~75 % du temps, l'éolien ~25 %.
Le piège du coût. Un réacteur coûte cher à construire, presque rien à faire tourner. Comparer au gaz sans amortir sur 60 ans, c'est comparer un achat à une location.
La cadence, c'est la clé. La France a réussi par la série : un même palier répété des dizaines de fois. L'effet d'apprentissage a fait fondre les coûts. Le perdre, c'est tout reperdre.